Des grands électeurs pour élire les premiers sénateurs de Côte d’Ivoire

Ce sera la première élection de sénateurs dans l’histoire politique de la Côte d’Ivoire. Après une campagne électorale houleuse qui a poussé les partis d’opposition à annoncer le boycott du vote, les 35 bureaux de vote du pays accueillent depuis 8 H (GMT) ce samedi 24 mars 2018, les électeurs qui vont choisir les deux tiers des sénateurs, le tiers restant étant nommé par Alassane Ouattara.

Le bâtiment de la Fondation Félix-Houphouët-Boigny, siège de l’institution, est assez spacieux pour recevoir les 99 sénateurs qui entameront officiellement leur quinquennat, le 10 avril prochain. Une première dans l’histoire politique de la Côte d’Ivoire. Depuis le référendum largement approuvé en octobre 2016, la Constitution de la IIIe République a introduit, pour la première fois dans l’ordre institutionnelle de Côte d’Ivoire, la création d’une Chambre Haute : le sénat.

66 sénateurs pour les Grands électeurs, 33 pour ADO

Système de vote spécial pour une élection inédite ! A l’ouverture des 35 bureaux de vote du pays, ce sont seulement 7010 «Grands électeurs» issus du corps des députés, des conseillers municipaux, régionaux et de districts autonomes qui vont glisser le bulletin dans l’urne pour choisir les 66 sénateurs, soit deux tiers des membres de la nouvelle Chambre.

Après ce vote exceptionnel dans le pays ouest-africain, il appartiendra au président Alassane Ouattara de désigner, par nomination, le tiers restant, soit 33 sénateurs parmi «les Ivoiriens reconnus pour leur expertise et compétence dans les domaines politique, administratif, économique, scientifique, culturel, sportif, professionnel et social». Pour respecter la représentativité régionale de la Côte d’Ivoire, chaque région du pays devrait être représentée par 2 sénateurs.

Petit parfum de polémique contestataire avant l’ouverture des bureaux. Manifestations de l’opposition en faveur du boycott interdite, réprimée ou empêchée…La campagne électorale, clôturée jeudi dernier, aura été particulièrement houleuse. L’opposition qui conteste la composition d’une commission électorale dirigée par un Youssouf Bakayoko, dont le mandat est arrivé à terme en février, ne devrait pas aligner de candidats parmi les 124 personnes en lice pour la course au Sénat. Du pain bénit pour la mouvance présidentielle.

Boycott de l’opposition, unité de façade au RHDP

Au sein du RHDP, le pacte pour aller ensemble aux sénatoriales, décidé avant les bisbilles entre le RDR et le PDCI, devrait être provisoire maintenu. Tous deux, ainsi que les autres formations qui composent la coalition du président Alassane Ouattara, vont aligner 66 candidatures communes. Cette unité temporaire affichée n’est toutefois pas un signe de razzia dans les urnes.

En embuscade, quarante-huit candidats indépendants ont décidé de profiter des coups bas et de cette unité de façade pour tenter leur chance et… surprendre ! Dans tous les cas, Alassane Ouattara est presque assuré d’être majoritaire au Sénat avec les 33 «sénateurs présidentiels» qu’il va nommer.

A 67 ans, Jeannot Ahoussou-Kouadio, vice-président du PDCI, aura fort à faire pour rafler la majorité des suffrages dans la Région du Bélier. Seul membre du gouvernement en lice, le ministre d’Etat est pressenti pour occuper le perchoir du Sénat. Avec un ordre protocolaire volontairement imprécis dans la Constitution, toute la question est de savoir quel rang va occuper le président dans la querelle de préséance à côté du président de l’Assemblée nationale. La réponse à cette question alimente déjà tous les fantasmes.

Source : latribune.fr

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